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12 juin 2024

Sonia Devillers / Les exportés

Un livre bouleversant s’il en est. Les grands-parents de Sonia Devillers n’ont jamais raconté leur histoire. La Roumanie dont ils proviennent a été oubliée. Pourtant, sa grand-mère avait d’abord été une apparatchik du parti communiste roumain. Mais la guerre, les pogroms du régime fasciste précédent avait été effacé. La Roumanie avait prétendu qu’elle était peu impliqué dans les projets de l’antisémitisme du troisième Reich même après la prise du pouvoir communiste.

A travers l’histoire de sa famille, celle d’Harry et Gabriella Greenberg devenus Deleanu Sonia Devillers va raconté une autre histoire. Celle d’un pays où l’antisémitisme fut assumé et ou les juifs furent persécutés et assassinés plus que dans aucun pays hors de l’Allemagne nazie. Comment les Deleanu vécurent une guerre dont ils voulurent oublier que leur pays avait participer à l’œuvre destructrice d’un racisme d’état.

Si la période de la guerre fut difficile, l’arrivée des soviétiques fut vécue comme une libération. Au début, ce fut une intégration choisie pour Gabriella. Une ascension irrésistible d’une femme volontaire au sein des institutions jusqu’au moment fatidique ou elle s’opposa à des dérives de petits fonctionnaires qui abusaient de leur petit pouvoir. C’est alors une chute brutale.

Mais le cœur du livre explique comment et pourquoi l’idée d’exporter des humains et de les échanger contre du bétail et du matériel agricole de l’ouest. Comment la population juive ou supposée comme telle, fut la marchandise choisie pour cet échange. Comment les dirigeants cachèrent cette information et quel fut l’ampleur de ce drame humain. Et comment ses grands-parents furent victime de ce système sans rien en connaître.

C’est aussi l’histoire d’Henri Jakober. Cet homme d’affaires opportuniste vit dans cet échange le moyen d’accroître sa fortune. La méthode, basée tant sur la corruption que le désir des autorités de se débarrasser de ses ennemis d’état, contribue à sa réussite. C’est surtout un trafic d’êtres humains auquel se livre cet homme, d’abord avec les autorités roumaines seules, et même si ce n’est pas documenté, probablement avec elles des pays d’accueil, puis plus clairement avec l’État d’Israël. C’est le capitalisme le plus inique qui s’applique comme d’habitude au détriment des plus défavorisés.

Un livre important, à la fois intimiste et collectif, nécessaire par ces temps ou partout en Europe le retour des extrêmes droites se fait sur la misère des migrants forcés et des politiques de déplacement reviennent dans les discours des partis politiques de droite.

12/06/2024

Fabien Micolod

Sonia Devillers / Les exportés

Paris : Flammarion, 2022

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23 août 2020

Présentation: Traité d'athéologie: Michel Onfray.

Michel Onfray/ Traité d’athéologie.- Paris : Grasset ; 2005

ISBN 2-246-64801-7

 

Michel Onfray est un philosophe, auteur de plus d’une centaine d’ouvrages. Il a écrit entre autres « Camus, l’ordre libertaire », « manifeste hédoniste » ou encore « Cosmos ». Philosophe matérialiste et hédoniste, son travail de recherche et de défrichage sur les philosophais matérialistes a permis un défrichage d’un continent de pensées méconnues en France. Il a fondé l’Université populaire de Caen, dont les cours ont été diffusés de 2002 à 2016 sur France culture. Il a fondé le journal Front populaire qui se veut le journal des souverainismes.

Son livre « Traité d’athéologie », il donne des indications sur la manière dont il envisage et vie la philosophie. En matérialiste, il lie sa vie avec sa réflexion. De même, il lie sa pensée avec un discours positif. Sa force est dans une présentation philosophique compréhensible, historique et logique dont les développements sont des arguments forts. Une présentation de fait tant personnels que collectif montre le peu de respect des religions envers tous ceux qui la contredise.

Son livre définit le terme d’athéologie. Cette formulation s’oppose à celle de théologie. Il s’agit d’une approche matérialiste, basées sur des faits et non sur une vérité révélée. Il décrit comment des esprits forts se sont peu à peu éloignés de la religion dominante de leur pays, pour penser à partir de la matière. Les monothéisme sont disséquées. Il introduit la notion d’arrières mondes, ces paradis, enfers ou purgatoires qui manipulent les croyants. Il souligne la haine de toute pensée autres des religions. Le christianisme, avec invention du nouveau testament, le poids de Paul de Tarse et la diffusion idéologique par Constantin, pour des raisons politiques, est disséquée. Il aborde aussi le résultat juridique de cette construction idéologique. Le juridique prévaut par des prélèvements dans le texte qui justifient les désirs de l’idéologie du pouvoir en place. De plus, cette théologie se base sur une morbidité qui courent dans les textes et leur application. Il réfléchit à des réponses laïques pour répondre à ces défis pour la réflexion athée.

Ce livre est le premier que j’ai lu sur l’athéisme et il m’influence encore. Un écrit pour les esprits forts et critiques, car le discours est dense. Un livre de philosophie de vie, pour un athéisme fort et affirmé dont la forme est complète. Une argumentation logique se dégage un ensemble construit et convainquant. Cet ouvrage est un indispensable de la pensée athée et la réflexion critique sur la religion. Pour en finir, j’ajoute qu’il fournît une bibliographie commentée importante pour approfondir son sujet.

Le 23/08/2020

Fabien Micolod

3 octobre 2019

Sous le signe du lien : une histoire naturelle de l’attachement / Boris Cyrulnik

Selon moi, et pas seulement dans le sens rationnel, l'un des livres les plus importants du siècle dernier, et je pèse mes mots. Il est rare qu'un livre apporte untel éclairage sur les bases d'un discipline, l'éthologie. Si la science est difficile, ce livre sait la présenter et la rendre vivante, Si ce livre est étonnant, drôle et un peu moqueur, y compris sur l'auteur en lui même. Tout commence avec des goélands sur les falaises de Porquerolles. Il finit par une conclusion dont tout scientifique et épistémologue dont tous scientifique devrait s'inspirer. En attendant, quel voyage dans les comportements animaux, ou les relations et les réactions dans les interactions qui rappelle la part animale de l'être humain. Au travers de son expérience de thérapeute en psychiatrie, il nous livre son approche à la fois originale et stimulante d'un sujet qu'il sait rendre intéressant. A travers une narration claire, il explique la difficulté de faire face aux violences du monde.

A travers divers exemples d'humains et d'animaux, il explique les mécanismes qui permettent la transmission de comportements, de traumatisme. Il livre aussi une réflexion pour construire des réponses aux souffrances, et dans la mesure du possible, assumer un lien qui sécurise envers ce qui nous sont chers. Un livre d'une sensibilité majeure, eu style vivant qui nous amène à la compréhension de l’autre, au partage nécessaire, à l'affection de ceux qui sont proches. Avec retenue et pudeur, il nous ouvre une partie du monde animal. Quels sont les ressemblances, quelles sont les différences entre une éthologie humaine et animale, et comment le langage permet tant de libérer ou enfermer l’humain dans ses problème. Ce processus nommé résilience peut être favorisé la cicatrisation des chocs psychologiques et physiques. Un livre pour tous, accessible et très bien écrit, qui de plus est un vrai travail scientifique.

Fabien Micolod

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